Speedinvest L'essentiel financier, sans détour
Investissement

Investissement des entreprises dans l'énergie verte en Belgique : Deep Tech, pôles portuaires et ROI fiscal en 2026

Le déploiement de la transition vers les énergies propres à travers l'Europe s'opère à une échelle macroéconomique. Selon une estimation de la Commission européenne publiée le 10 mars 2026, les investissements nécessaires atteignent 660 milliards d'euros par an jusqu'en 2030. Ce besoin de financement devrait grimper à 695 milliards d'euros entre 2031 et 2040. Pour soutenir la Stratégie d'investissement dans les énergies propres, le Groupe de la Banque européenne d'investissement (BEI) prévoit de débloquer plus de 75 milliards d'euros de financements sur les trois années suivant mars 2026. Dans le cadre d'un mécanisme ciblé au sein de cette stratégie, la BEI va créer un fonds d'investissement stratégique dans les infrastructures (Fonds SII) doté d'un engagement indicatif pouvant aller jusqu'à 500 millions d'euros, afin de fournir des capitaux propres spécifiquement aux gestionnaires de réseaux électriques. Parallèlement, la Commission européenne déploie un programme pilote de 500 millions d'euros pour accélérer l'adoption des modèles d'« efficacité énergétique en tant que service ». Afin de garantir que le budget à long terme 2028-2034 de l'UE et les régimes d'aides nationaux jouent pleinement leur rôle de leviers stratégiques pour atténuer les risques des projets, un Conseil d'investissement pour la transition énergétique sera réuni par le Commissaire à l'Énergie et au Logement plus tard en 2026, pour interagir directement avec la communauté des investisseurs. En Belgique, cet afflux de capitaux institutionnels a redéfini le marché national. Les entreprises investisseuses se détournent des subventions habituelles liées au déploiement solaire, en quête de rendements plus attractifs à la croisée de l'ingénierie deep tech et des incitations régionales à la R&D. La Flandre, notamment, s'est imposée comme un centre névralgique où les infrastructures lourdes rencontrent l'ingénierie fiscale. Cet environnement offre aux capitaux des entreprises l'opportunité de financer des avancées technologiques à haut rendement tout en exploitant des mécanismes d'optimisation fiscale. ## Principaux points à retenir - **Trajectoire réglementaire** : Le décalage entre l'objectif historique de 17,5 % d'énergies renouvelables du Plan national énergie-climat de la Belgique (PNEC 2019) et les objectifs révisés de l'UE dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables de 2023 (RED III) — qui vise 42,5 % à l'échelle européenne — laisse présager une croissance soutenue des actifs sur le territoire national. - **Leadership dans l'offshore** : La production d'énergie éolienne offshore en Belgique consolide un marché des infrastructures lourdes, dont la contribution au PIB national est estimée entre 1 et 1,5 milliard d'euros par an d'ici 2030 (prévisions 2021 de la Belgian Offshore Platform). - **Innovation dans les pôles portuaires** : Les capitaux privés se déploient dans des installations industrielles de nouvelle génération pour soutenir un marché de l'emploi qui devrait atteindre 24 000 postes dans l'énergie éolienne d'ici 2030. - **Ingénierie fiscale et Deep Tech** : La Flandre a généré 656 dépôts de brevets dans les énergies renouvelables rien qu'en 2022. Les investisseurs dans les technologies propres locales (cleantechs) peuvent explorer des mécanismes fiscaux — allant des exonérations de charges sociales aux déductions des revenus de l'innovation — pour accélérer le retour sur investissement (ROI) de la recherche. ## Pourquoi les objectifs révisés de l'UE stimulent-ils la demande locale ? Les capitaux privés investis dans des actifs matériels en Belgique tirent parti d'un décalage réglementaire. Historiquement, le pays a peiné à développer sa propre capacité de production. Selon les données suivies par CAN Europe, la Belgique n'a pu atteindre son objectif de 13 % d'énergies renouvelables en 2020 qu'en recourant à des transferts statistiques avec d'autres pays européens. La dépendance à l'égard de ces transferts externes a fixé un seuil de référence artificiellement bas pour l'infrastructure nationale réelle. Par la suite, le Plan national énergie-climat (PNEC 2019) a visé une part d'énergies renouvelables de 17,5 % d'ici 2030. ### Quel est le déficit en matière d'objectifs de capacité ? L'objectif de l'UE en matière d'énergies renouvelables a considérablement évolué, la directive sur les énergies renouvelables de 2023 (RED III) fixant un objectif contraignant de 42,5 % d'ici 2030, avec l'ambition d'atteindre 45 %. Le retard accumulé par rapport à ces nouveaux référentiels, beaucoup plus élevés, est nettement plus important que sous les directives précédentes. Cet écart crée un environnement propice au financement de projets. Selon une étude d'EnergyVille, citée par CAN Europe, la Belgique peut effectivement parvenir à un mix électrique composé à 70 % d'énergies renouvelables d'ici 2030 en ciblant une capacité d'environ 24,5 GW pour le photovoltaïque (PV), 5,8 GW pour l'éolien offshore et 5 GW pour l'éolien terrestre. Actuellement, les plans régionaux mettent en évidence un fossé entre les politiques menées et les capacités requises. À titre d'exemple, le Plan solaire 2025 du gouvernement flamand vise une capacité de production d'énergie solaire installée de 6,7 GW d'ici 2030. Étant donné qu'un peu moins de 4,9 GW étaient déjà installés au moment où CAN Europe a évalué le plan, les détracteurs soulignent que les ambitions de base actuelles sont beaucoup trop faibles pour répondre aux directives révisées. ### L'obsolescence des achats externes S'en remettre aux transferts statistiques pour combler ce déficit n'est plus viable à une telle échelle. L'objectif européen exige plutôt un développement accéléré des capacités sur le sol belge. Pour les investisseurs institutionnels et privés, ce déséquilibre historique au niveau des données agit comme un véritable générateur de demande. Les infrastructures sous-jacentes prouvent déjà leur capacité à monter en puissance ; en 2022, la part de la demande d'électricité couverte par l'énergie éolienne en Belgique et en Région flamande a grimpé à 12,5 % (Elia Group, 2023, cité par Flanders Investment & Trade). Chaque nouvelle éolienne et chaque raccordement au réseau s'inscrivent dans l'obligation de l'État de combler ce déficit infrastructurel. Cela garantit aux actifs de production de rencontrer un marché structurellement demandeur, sans dépendre de subventions temporaires accordées aux consommateurs. ## Comment les pôles portuaires transforment-ils les infrastructures lourdes ? Pour résorber ce décalage réglementaire, la Belgique a capitalisé sur son littoral en mer du Nord. Le pays s'est forgé une solide présence historique dans ce secteur, s'étant classé parmi les leaders mondiaux en matière de capacité et de production d'énergie éolienne offshore par habitant au début de la décennie (Belgian Offshore Platform, 2021). Selon les prévisions de la Belgian Offshore Platform établies en 2021, ce développement éolien offshore contribuera au PIB de la Belgique à hauteur de 1 à 1,5 milliard d'euros par an d'ici 2030. L'expertise en ingénierie se traduit par des rendements financiers stables, tant pour les promoteurs régionaux que pour les gestionnaires d'actifs internationaux. Le secteur de l'installation d'éoliennes a atteint une certaine maturité : il représente déjà 14 000 emplois directs et indirects créés par des entreprises opérant dans la conception, la construction, la gestion et la maintenance de parcs éoliens — un vivier qui devrait s'élever à 24 000 emplois d'ici 2030. Cette dynamique a permis de réduire les risques dans la chaîne d'approvisionnement en amont, incitant ainsi les capitaux d'entreprises à financer les activités de transformation et de stockage en aval, directement dans les ports industriels. ### La transformation des ports industriels L'électricité produite en mer alimente directement les pôles côtiers, permettant à l'industrie lourde de s'affranchir progressivement des énergies fossiles. Pour les entreprises investisseuses, les mégaprojets portuaires offrent une chaîne d'approvisionnement capable d'absorber l'afflux de capitaux institutionnels tout en concrétisant les impératifs climatiques de l'UE. ## Pourquoi le capital-risque se concentre-t-il sur la Deep Tech ? Tandis que les capitaux institutionnels convergent vers les ports côtiers, le capital-risque spécialisé et les fonds d'innovation des entreprises ciblent les chaînons scientifiques manquants de la transition énergétique. Les technologies prêtes à l'emploi actuelles ne suffiront pas, à elles seules, à maintenir la trajectoire requise par les objectifs climatiques du milieu du siècle. Dans son rapport de 2021 sur la neutralité carbone (*Net Zero*), l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé qu'environ 35 % des réductions d'émissions nécessaires d'ici 2050 reposeraient sur des technologies qui n'étaient pas encore sur le marché au moment de sa publication. ### Financer les 35 % manquants Ce déficit de 35 % représente une nouvelle frontière pour le capital-risque spécialisé dans les technologies propres. Les investisseurs délaissent les simples améliorations itératives des panneaux solaires en silicium standard pour financer la recherche fondamentale en deep tech. Une grande partie de cette recherche est fortement localisée au sein d'écosystèmes d'innovation belges hautement spécialisés, qui allient rigueur académique et capacités de développement à l'échelle industrielle. Ces écosystèmes sont très prolifiques ; selon un rapport de 2022 de Cleantech Flanders, cité par Flanders Investment & Trade, la Flandre s'est distinguée par ses contributions massives à l'innovation dans le domaine des énergies renouvelables, générant 656 dépôts de brevets en une seule année. ### Des percées majeures dans le solaire à couches minces La Flandre a prouvé sa capacité à concevoir les composants de nouvelle génération indispensables. Coordonné par EnergyVille, un pôle d'innovation basé en Flandre, et soutenu par le programme de financement Horizon Europe de l'UE, le consortium PERCISTAND a atteint une efficacité énergétique hautement compétitive grâce à une cellule solaire à couches minces. Cette avancée signifie que cette cellule ultrafine peut rivaliser avec le rendement de conversion d'une cellule en silicium traditionnelle, tout en offrant de nouvelles possibilités de déploiement grâce à son format. Ces innovations dûment validées expliquent pourquoi les branches d'investissement des entreprises s'implantent au cœur des pôles de recherche belges, prenant ainsi des participations dans les brevets qui domineront à terme le marché mondial. ## Comment fonctionne l'écosystème fiscal des cleantechs en Belgique ? Le succès des pôles de R&D en Belgique s'appuie sur une véritable ingénierie fiscale. Pour les directeurs financiers et les conseils d'administration, l'attrait de l'implantation d'équipes cleantech en Belgique réside dans un écosystème fiscal fédéral conçu pour accélérer le retour sur investissement (ROI) à chaque phase de développement des deep techs. ### Maximiser les rendements des entreprises Structurer les activités liées aux technologies vertes nécessite d'aligner les opérations spécifiques de l'entreprise — comme les charges de personnel en ingénierie, les dépenses d'investissement (CapEx) et la commercialisation des brevets — sur les mécanismes fiscaux correspondants. La Belgique offre une boîte à outils particulièrement bien pensée pour cela, idéalement positionnée pour protéger les centaines de nouveaux brevets déposés chaque année par les consortiums de cleantechs locaux. *Remarque : Les pourcentages précis détaillés ci-dessous correspondent aux chiffres cités par Flanders Investment & Trade sur une page source non datée. Les réglementations fiscales sont sujettes à modification ; les taux en vigueur, les périodes législatives applicables, ainsi que les strictes conditions d'éligibilité administratives doivent impérativement être vérifiés auprès des autorités fiscales compétentes (fédérales belges et/ou flamandes) avant de prendre la moindre décision financière. La déduction pour revenus d'innovation et l'exonération de précompte professionnel pour la R&D sont des mesures fédérales belges, applicables dans toute la Belgique, et non des incitations spécifiquement flamandes.* | Mécanisme fiscal | Taux cité par Flanders Investment & Trade (les taux actuels doivent être vérifiés) | Cas d'usage idéal pour l'entreprise | |---|---|---| | **Déduction pour revenus d'innovation** | Jusqu'à 85 % des revenus nets d'innovation exonérés de l'impôt des sociétés | Commercialisation de la propriété intellectuelle (PI) mature ; protection des bénéfices générés par les logiciels et les brevets. | | **Déduction pour investissement en R&D** | 13,5 % de la valeur de l'investissement (en une fois) OU 20,5 % de l'amortissement annuel (étalé) | Dépenses d'investissement (CapEx) lourdes ; achat d'équipements de laboratoire spécialisés, de machines de prototypage ou d'installations d'essai. | | **Exonération de précompte professionnel pour la R&D** | Exonération à 80 % du précompte professionnel sur les revenus du travail | Mise à l'échelle des opérations (OpEx) ; embauche d'équipes de chercheurs, d'ingénieurs et de personnel académique. | En synchronisant systématiquement la déduction pour investissement liée aux équipements de prototypage et l'exonération de précompte professionnel pour les équipes d'ingénierie réalisant ces tests, les entreprises réduisent le rythme de consommation de trésorerie (burn rate) initial de leurs pôles de R&D. Une fois que la technologie propre sous-jacente se transforme en un produit commercialisable, la déduction sur les revenus vient protéger les recettes générées par les brevets, bouclant ainsi un cycle de vie fiscal complet. --- *Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil financier. Consultez un conseiller financier agréé avant de prendre toute décision d'investissement.*

À lire ensuite

Ce site utilise uniquement des cookies fonctionnels. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l'utilisation. En savoir plus